L'utilisation des reliefs naturels dans la sculpture et la gravure pariétale paléolithique

 

ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES

“Sciences de la Vie et de la Terre”

 

L’UTILISATION DES RELIEFS NATURELS

DANS L’ART GRAVÉ ET SCULPTÉ PARIÉTAL DU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR FRANÇAIS

 

 

Jean BROT

 

 

Soutenance le 25 Mars 2005 à Dijon

 

 

 

Pendant toute la durée du Paléolithique supérieur, en Espagne et en France principalement, les artistes ont réalisé des figurations en utilisant les reliefs naturels et la morphologie des parois de grottes ou d’abris-sous-roche. Ce phénomène artistique, qui a toujours préoccupé les préhistoriens, a suscité les interrogations et les interprétations les plus diverses de la fin du XIXe siècle jusqu’à présent : origine de l’art, préoccupations magico-religieuses, organisation spatiale et sanctuarisation de l’espace souterrain, structures pariétales, chamanisme, techno-cultures, etc..

 

Pendant longtemps, ce que les formes rocheuses pouvaient avoir d’évocateur a été considéré comme la raison d’être de leur usage. Mais cette activité est-elle vraiment liée à la suggestivité des formes ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une démarche artistique pleinement raisonnée en vue de réaliser des sujets préconceptualisés ? Ces questions nous orientent vers deux g randes appréciations. Avec la première, l’abri ou la grotte est investi au hasard des ressemblances avec le réel et cela laisse supposer une utilisation fortuite des reliefs sans recherche de thème ni de volume particulier. Avec la deuxième, l’ensemble de la décision appartient à l’artiste, qui, devant la forme, la multiplicité et la direction des surfaces rocheuses, a la totale liberté d’exprimer sa pensée…

 

Le présent travail est le résultat de quatre années de recherche sur les procédés de mise en volume d’œuvres sculptées et gravées par l’intermédiaire des reliefs naturels et de la morphologie de la paroi pendant le Paléolithique supérieur français. A l’aide d’une méthode d’analyse basée sur de nombreux paramètres techniques il s’attache à mettre en évidence le caractère réfléchi et méthodique de cette pratique ainsi que ses aspects conceptuels.

 

 

C’est à partir d’une trentaine d’œuvres issues de huit gisements, Gravettien, Solutréen, et Magdalénien, répartis en Gironde, en Dordogne, en Charente et dans le Poitou, que cette étude révèle un emploi absolument structuré et maîtrisé d’une procédure de construction qui, bien loin d’être aléatoire, devrait trouver son statut de technique à part entière pour la production de représentations tridimensionnelles. La démonstration, soutenue par la production de sculptures expérimentales et artistiques Vénus - Sculptures et gravures sur blocs calcaires, apporte des éléments nouveaux qui permettent de comprendre les conséquences de l’intégration des reliefs rocheux au sein d’une figuration. Elle montre pourquoi et comment les œuvres préhistoriques ont les dimensions, le volume et l’attitude qu’on leur connaît. En autorisant l’observateur à s’approcher du moment de leur conceptualisation cette analyse donne les moyens de tenter de pénétrer dans l’univers mental des imagiers paléolithiques.

 

 

Mots-clés : paléolithique, art, gravure, sculpture, paroi, roche, potentialité, relief naturel, morphologie, organisation, construction, position, volume, dimension, spatialisation de la paroi, zone de dégagement, zone d’inflexion, espace et tracé graphique, point de vue, approche spatiale, mise en œuvre, préconceptualisation, visualisation, technologie. 

 

DUMAS :: [dumas-00357629, version 1] L'utilisation des reliefs naturels dans l'art gravé et sculpté pariétal du paléolithique supérieur français

Conférence

 

Une projection-conférence très illustrée est proposée sur ce thème de recherche.

 

 

 

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